16 décembre 2008
Le 16 décembre 2008 vers 13h45...
Bonjour à tous !
Quelques un(e)s doivent ici se rappeler de moi... Mon homme m'a quittée le 7 août dernier et ma vie s'est arrêtée. J'alimentais alors ce blog de tellement de tristesse, de chaun de mes moments de désespoir... parfois 3 fois par jour... Au rythme de mes peurs et de mes sanglots qui étaient deenus ma seule respiration.
Au bout d'un mois, nous nous sommes revus... 1ère nouvelle approche que j'ai pris pour un début de retour mais qui n'était en fait que l'amorce d'un parcours extrêmement chaotique et le point de départ de ma descente aux enfers...
Lui vivant à l'hôtel... Moi seule dans l'appartement où nous avons vécu pendant 4 ans... Je suis passée par toutes les phases de l'espoir et du désespoir... Les affres de la dépression... Les nuits sans sommeil... Les journées passées la peur au ventre, le doute et l'incertitude chevillés au corps...
Comment gérer une situation où l'on continue à se dire "Je t'aime"... "Tu es "l'Homme/la Femme de ma vie" tout en étant devenus incapables de se voir, de se parler, tant la tension entre nous est chargée d'électricité, de haine et d'amour fou, de sourires et de larmes, d'un appel téléphonique "amoureux" au raccrochage violent, du téléphone portable irrémédiablement fermé aux sursauts d'humeur aussi soudains que désespérants ???
Depuis le 7 août, nous nous sommes revus 14 fois... Pour des moments, des dîners, des semblants de sorties, des week-ends sous haute tension où la réalité du chagrin l'emportait toujours sur la bonne humeur factice.
La 14ème fois où nous nous sommes vus, c'est hier soir... J'étais en voyage professionnel, les tripes et le coeur à vif du manque, de l'angoisse de l'avoir définitivement perdu, de la peur de tout, du présent et surtout de l'avenir... Le cerveau qui ne répond plus à rien, entièrement empli de mon "Autre"... Mon corps n'est qu'un
Puis soudain, je me lève, il "faut" que je lui parle, je ne vais pas "tenir" comme ça au milieu de tous ces gens, de mes clients... Je suis en profonde détresse... Celà fait un mois que mes idées suicidaires me hantent l'esprit dès le réveil... J'explose, je n'en peux plus !
Je quitte la salle de réunion avec mon téléphone portable. Il faut que je l'appelle et surtout que je lui parle, ma vie en dépend... Je n'ai plus de souffle, les larmes m'inondent le visage, le coeur et l'âme...
Et là, il répond (ce qui est quasi-miraculeux !) Je lui dis où je suis. Il me demande mon horaire d'arrivée du TGV le soir à Paris. Je lui dis "tu viendrais me chercher" ? Et lui : "A ton avis, si je te demande l'horaire, c'est pour quoi" ?
Moi, je suis bouleversée... et je rejoins la salle de réunion totalement affichant sûrement un sourire depuis longtemps disparu sous la torture.
Le soir, en effet, "IL" était là... Il a vieilli, il est tout gris, mal fagoté... Il se saborde, il saborde notre vie, il fout tout en l'air.
Il m'invite à dîner et là, j'attaque en douceur mon plan d'action... Lui exposer clairement notre situation, les dommages collatéraux de notre séparation, le fait que je ne peux plus l'entendre me dire "Je t'aime" et "tu es l'amour de ma vie" tout en sachant que l'être que j'aime au-delà de tout, nous bousille, bousille notre vie, notre amour...
Mélange de mots durs et de mots tendres, il craque... Il pleure... Nous sommes restés près de 3 heures à table... 3 heures de larmes pour lui... Chacun de nous était parvenu au fond du gouffre de notre chagrin et de notre solitude...
Evacuation du mal-être... Prise de conscience des dégâts subis... Prise de conscience que l'un sans l'autre, nous sommes réduits chacun de notre côté au néant...
Puis, je lui dis que je SAIS qu'il est invité chez ses parents pour passer Noël... Qu'il ne s'est pas prononcé sur la finalité... Je lui suggère que ça serait bien qu'on y aille à deux : il accepte et m'adresse enfin un sourire...
Je lui rappelle que chaque année, à cette période, il prend des vacances : il accepte et me confirme ce matin qu'il s'arrête de travailler le 23 au soir pour ne reprendre que le 5 au matin... pour aller chez ses parents jusqu'au week-end et passer le reste du temps à la maison, chez nous...
Je lui demande de passer le prochain week-end ensemble : il me dit "oui"... Nous allons acheter les cadeaux...
Je lui dis : "et si nous démarrions 2009 en prenant un nouveau départ de notre vie commune" ? Il me répond : "Je viens de te répondre "OUI" à tes 3 demandes... Pas tout en même temps... Donne-moi l'envie de revenir déinitivement...
Ce matin, il me rappelle avec sa belle voix d'"avant", sans peur, sans angoisse, sans agressivité... Il me confirme les engagements pris hier soir à table... Il me rappelle ensuite vers midi comme "avant" pour faire une pause, parler de tout et de rien, surtout de rien, de retrouver notre complicité tant mise à mal, anéantie, oubliée, perdue... depuis tant de temps...
Pour la 1ère fois depuis le 7 août, je respire normalement. Mon Dieu, que ce chemin de la séparation a été long... Je ne crie pas "Victoire"... Nous avons besoi de nous réparer, de nous ré-apprivoiser... puisque nous savons l'un comme l'autre que nous ne pouvons pas nous séparer...
Le 7 août dernier, quelle aurait été ma réaction si l'on m'avait dit que notre séparation aurait duré si longtemps ? Serais-je devenue complètement folle ?
Folle, je le suis de toute façon devenue... Ma vie sans lui a été un long calvaire, des journées vides et pleines de pleurs insensés, sans sortir de chez moi, à ne plus pouvoir poser mes yeux sur rien, tant nos regards amoureux s'étaient déjà posés partout dans cette ville où j'étais soudain abandonnée... Ne plus rien faire... Juste être prostrée, tétanisée, broyée par un chagrin insupportable, un manque invivable...
Pendant ces longs mois, j'ai joué tous les rôles auprès de lui... De l'infirmière au psy (grave erreur !), de la femme éplorée à la maîtresse légère (pas mieux !), de la provocation au silence-radio... Je me suis brisée sur toutes ses lames quil avait dressées pour se protéger...
De son côté, il est descendu également aux enfers... Hier, ses pleurs incessants pendant 3 heures lui ont permis d'évacué une grande partie de son profond mal-être, se rendant compte qu'il était au fond du trou... Je suis une nouvelle fois allée le rechercher...
... Je me souviendrai toute ma vie de ces 5 mois de calvaire absolu... où chaque soir, je n'ai rêvé que d'une chose : ne plus jamais me réveiller...
Attention, la blessure est béante... Attention, nous ne sommes pas guéris... Il va nous falloir du temps pour prendre soin de nous et retrouver la confiance...
Mais mon coeur désormais marqué au fer rouge ne manquera pas de rappeler de s'en rappeler : l'amour aussi profond soit-il est fragile... et la vie peut basculer en une seconde.
Je t'ime, mon homme, mon phare, ma balise Argos... pour tout le reste de ma vie.
Commentaires
Je vous souhaite de vous retrouver définitivement.
Je comprends ce que tu as dû endurer, moi aussi, j'ai eu une descente aux enfers similaire quoique très courte et je sais qu'on peut mourir d'aimer.
Bon courage.
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